8h45 - 12h30
Locaux du ministère de l'Education nationale Amphi Mourain, 61-65 rue DUTOT 75015 PARIS (plan d'accès)

Les partenaires sociaux, en décembre 2013, ont finalisé un accord sur la formation professionnelle en matière de formation et d’accompagnement.
La loi du 5 mars 2014 a mis particulièrement en avant la certification, par exemple en imposant pour le CPF que les formations dispensées conduisent à une certification inscrite sur une liste publiée par le COPANEF. Tout cela dans un contexte appelant à une réduction des parcours de formation.

Elle a également prévu la possibilité de délivrance de blocs de compétences pour les certifications inscrites au RNCP, ainsi que la notion de « socle » qui a donné naissance à la certification CléA.
A travers ce dernier exemple, Laurence MARTIN fera une présentation de l’origine de cette certification, du côté innovant de sa construction et pour répondre à quels besoins.

La mise en avant de la certification a amené les certificateurs à s’emparer de ces nouveaux « objet » bloc de compétences et Cléa. En quoi cela a-t-il fait évoluer les principaux certificateurs, quels types de questionnements cela a-t-il pu poser pour que les certifications répondent mieux à l’adéquation unités certificatives/compétences, en quoi cela a-t-il pu avoir des conséquences sur l’offre de formation ? Le rapport entre la conception plus ou moins proche du travail de ces « objets » certificateurs et les usages possibles ?

Stéphane Balas, Chercheur au Cnam, abordera ces questionnements.
Enfin comment les publics directement visés par ces évolutions, à savoir les salariés et les demandeurs d’emploi, s’emparent de ces nouvelles opportunités, répondent-elles aux besoins de montée en compétences de ces publics ? Les prescripteurs de formation peuvent-ils réellement utiliser les nouveaux dispositifs, quelles évolutions seraient encore nécessaires pour être plus efficient.

Déroulement de la matinée :

8h45 - Accueil des participants
9h00 -  Introduction de la thématique par Jean-Michel DUPONT, MEN-DGESCO et AFREF
9h15 - Intervention de Laurence MARTIN, Réseau des APP
9h45 - Echange avec les participants

10h15 PAUSE

10h30 Intervention de Stéphane BALAS, maître de conférences, équipe " métiers de la formation" CRF/CNAM.
11h00 - Echange avec les participants
11h30 - Intervention de Xavier ROYER, Union des industries textiles et animateur du Comité Observatoires et Certifications
12h00 - Echange avec les participants.
12h20 - Conclusion de la matinée par Jean-Pierre THERRY


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Tribune de René Bagorski - Président de l'Afref

Lorsque le DIF (droit individuel à la formation) est créé par l’ANI de décembre 2003, il est le résultat d’une âpre bataille entre les organisations syndicales de salariés et d’employeurs. Ceux-ci, au départ des négociations, voulaient supprimer le CIF (le congé individuel de formation) et le remplacer par un droit attaché à la personne exclusivement utilisable dans le cadre du contrat de travail et du lien de subordination ne répondant qu’aux besoins de l’économie.

L’opposition unanime des cinq organisations syndicales de salariés a conduit au maintien du CIF dans une finalité modifiée puisqu’il ne peut être utilisé que dans le cadre de la formation professionnelle tout au long de vie et non plus dans une logique d’éducation permanente.

14 ans plus tard, le débat redevient d’actualité puisque des rumeurs de plus en plus fortes font état de la disparition du CIF au profit d’un dispositif unique, le CPF (compte personnel de formation).

Lors de sa création en 2014, le CPF fut annoncé comme un droit universel pour tous les actifs de 15 à 65. En réalité, il reste un droit attaché au contrat de travail puisque le nombre d’heure ne s’acquièrent que dans ce cadre ( 24h/an avec un plafond de 150h au bout de 7 ans) et que l’utilisation de ce droit ne peut se faire que vers des certifications répondants à des besoins de l’économie inscrites sur des listes élaborées par les partenaires sociaux au niveau national (liste COPANEF pour tous les publics), au niveau régional (Deux listes COPAREF, une pour les salariée, une pour les demandeurs d’emploi), au niveau des branches (Listes des CPNE pour les salariés de leur secteur).

Force est de constater que trois ans après sa création, il reste méconnu pour un bon nombre de salarié et que son utilisation, notamment vers des certifications inscrites à l’inventaire et relevant de la responsabilité des entreprises, a dénaturé le projet originel sous couvert de Co construction.

Pourtant un droit attaché à la personne garde tout son sens à condition de ne pas contraindre ce droit uniquement aux besoins de l’économie.

L’AFREF (association pour la réflexion et l’échange sur la formation) milite pour que le système de formation français soit pensé et organisé en priorité, en vue de l’autonomie et de l’émancipation des personnes aux plans professionnel et personnel. En d’autres termes, pour que les différentes modalités d’apprentissages tout au long de la vie, soient accessibles à tous pour de développement personnel, l’inclusion sociale et le développement de compétences professionnelles.

Si le CPF devenait demain le dispositif unique attaché à la personne, il faut le faire évoluer et lui donner cette double finalité : répondre aux besoins de l’économie et contribuer à l’émancipation d’un individu autrement dit, contribuer à la formation du salarié pour sécuriser son parcours professionnel mais aussi contribuer à former le citoyen acteur social majeur.

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