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Jeudi de l'Afref du 23 juin 2016 : accompagner et former

8h45 à 12h45, Lycée Gustave Ferrié, 7 rue des Ecluses St Martin, Paris, M° Colonel Fabien

Ce « jeudi de l’AFREF » s’inscrit dans la poursuite de la réflexion conduite par l’AFREF en février 2014 : «L'accompagnement est-il l'avenir du formateur?» et en juin 2015 :«Conseil en évolution professionnelle, fin ou évolution du bilan de compétences?».

La loi sur la réforme de la formation professionnelle du 5 mars 2014, a réactivé les notions d’accompagnement et de formation par l’adoption d’un nouveau dispositif : le Conseil en Evolution Professionnelle (CEP).

En nous appuyant sur le cahier des charges de ce dispositif, rappelons-nous que le CEP est une mesure d’accompagnement personnalisée, qui s’adresse à tous les actifs afin de leur permettre de disposer d’un espace pour réfléchir à leur situation et à leurs perspectives d’évolution professionnelle. Son ambition est de favoriser l’évolution et la sécurisation des parcours professionnels des actifs.

Et même si le CEP est un outil au service des actifs qui doit leur permettre de développer leurs aptitudes, leurs compétences et leurs qualifications en lien avec les besoins existants et prévisibles sur les territoires, il ne se réduit pas à la mise en oeuvre d’une formation. Il doit permettre d’accompagner tous les types de projets professionnels, y compris ceux qui ne nécessitent pas la mobilisation d’une formation.

Mais plus de deux années après l’adoption de la loi, qu’en est-il ? La mise en place du CEP a-t-elle produit de réelles innovations au plan de l’accompagnement et de la formation ? Quels sont leurs usages et corrélations, notamment dans les pratiques professionnelles des OPACIF ? C’est à ces questions, dont on développera les détails, auxquelles ce jeudi de l’AFREF tentera d’apporter des réponses.

 


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Ne pas confondre innovation technologique et innovation pédagogique

Synthèse du jeudi de l'Afref du 26 mai 2016 

Chaque nouvelle technologie est annoncée comme obligatoirement porteuse d'une révolution pédagogique. Qu'en est-il réellement? La nouvelle réglementation relative aux FOAD [1] facilite-t-elle leur financement par les Opca? C'est pour débattre de ces questions que se sont réunis, le 26 mai 2016, les participants au "Jeudi de l'AFREF" consacré aux "Innovations technologiques en formation, des enjeux financiers aux pratiques pédagogiques".

Du téléphone aux casques d’immersion virtuelle en passant par les Mooc, Cooc et autres Spoc [2], les technologies éducatives n'ont cessé de s'enrichir au fil du temps. Toutefois, d'après Viviane Glickman, enseignant-chercheur en sciences de l'éducation, la seule innovation pédagogique à retenir est "la possibilité de communiquer plus aisément entre apprenants et formateurs et surtout entre apprenants, grâce au numérique. Le reste est secondaire". L'écueil à éviter est l'isolement de l'apprenant. Pour y remédier, elle conseille de "miser sur le tutorat à distance et la reconnaissance de cette fonction". Devenir web conseiller, "cela s'apprend", témoigne de son côté Thierry Curiale, créateur au sein du groupe Orange de la plate forme d'apprentissage Solerni, une solution logicielle permettant de concevoir des expériences innovantes d’apprentissage principalement fondées sur l’ouverture, la collaboration et le développement de compétences par les pairs. "Si l'apprenant est au centre d'un Mooc, le pédagogue est lui, au coeur du processus d'apprentissage", précise l'Open Collaborative Learning Program Manager d'Orange.

Condamnés à être innovants 

L'arrivée des digital natives dans les entreprises enjoint celles-ci à adapter au numérique leurs modes d'organisation et d'apprentissage. "Nous sommes condamnés à être innovants et à aller plus vite dans ce domaine", remarque ainsi Yves Hinnekint, directeur d'Opcalia (Opca interprofessionnel et interbranches). Les salles de cours et autres campus vont se transformer de plus en plus en "learning labs" fourmillant de matériel modulable et high-tech, mis au service de l'expérimentation pédagogique. Toutefois, d'après Thierry Curiale, la numérisation des métiers existants constitue la véritable "transformation civilisationnelle". Le "vrai tsunami" de ce début de 21ème siècle consiste à "faire en sorte que les collaborateurs soient tous numériquement présents et gagnent en autonomie". Y compris les non adeptes de la culture geek…

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L'évaluation de la formation à l'épreuve de la réalité

Synthèse du jeudi de l'Afref du 21 avril 2016 

Dispositifs de formation multimodaux et complexes, réglementation de la qualité, développement du training advisor… La réforme de la formation et l'essor du consumérisme réinterrogent complètement l'évaluation de la formation. Pourtant, cette notion reste une source inépuisable de recherches et d'expérimentations dans les entreprises. Le "Jeudi de l'Afref" du 21 avril 2016 a permis de débattre de cette question.

"A chaque fois que l'on parle d'évaluation de la formation, on est au bord de la noyade!" En ouvrant le "Jeudi de l'Afref" du 21 avril 2016 sur le thème de l'évaluation, Philippe Joffre, consultant et président de Paradoxes-Conseils donne le ton de cette matinée foisonnante. Evaluation des politiques, des systèmes, des organismes, des modalités, des programmes, des personnes, des effets de la formation: de quoi parle-t-on? Source inépuisable de travaux de recherche, cette question est une préoccupation concrète pour les acteurs (entreprises, organismes de formation, Opca, acheteurs publics…) dans un cadre légal renouvelé – en particulier depuis la loi du 5 mars 2014 et le décret du 30 juin 2015 sur la qualité des formations[1]. Les acteurs doivent approcher plus finement le ROI (ou ROE[2]) sur des dispositifs de formation de plus en plus complexes et multimodaux liés au développement du digital, et dans une société consumériste où le "liking", les recommandations, les systèmes de cotation par étoiles et le training advisor sont en plein essor.

A quoi renvoie cette notion?

"L'évaluation n'est pas un sujet nouveau, mais sur le plan conceptuel on est encore loin de savoir à quoi renvoie cette notion", note Nora Yennek, chercheuse associée au laboratoire de cognition humaine et artificielle de  de l’Université de Paris Ouest Nanterre la Défense. Dans la multitude de concepts, celle-ci se place plutôt du côté de l'évaluation des actions de formation et en distingue trois types: "L'implicite qui se révèle à travers ses effets (l'auto-censure d'un apprenant qui ne se présente pas à un examen, par exemple), l'évaluation spontanée, à chaud dès la sortie de la formation, et l'évaluation instituée, à la fois explicite dans sa formulation mais surtout dans l'instrumentation qu'elle met en place." Pour Nora Yennek, la notion d'évaluation de la formation renvoie à celle d'efficience, et la chercheuse retient la définition de Philippe Carré[3]: une formation efficace doit permettre "d'optimiser le rapport avec ses résultats et ses coûts". Elle doit être co-construite avec l'apprenant, "client principal, à qui revient le premier rôle dans la formation". Un rôle renforcé par la dernière réforme de la formation qui rend "le salarié acteur de son parcours professionnel", souligne René Bagorski, président de l'Afref.