L’accompagnement à la VAE, une manière de sécuriser les parcours professionnels (« Jeudi » de l’Afref)

Article paru dans le Quotidien de la formation le 22 01 2016 - Auteur : Philippe Grandin

« Depuis quatorze ans, nous entendons tout sur la validation des acquis de l’expérience (VAE). Après 4 500 accompagnements réalisés par nos soins, nous pouvons affirmer que le système est bien conçu et qu’il fonctionne plutôt bien. Cependant, des insatisfactions demeurent par rapport au nombre de diplômes délivrés en France », a exposé David Rivoire, directeur du cabinet « VAE Les 2 Rives », lors du « Jeudi de l’Afref » du 21 janvier consacré à ce dispositif créé en 2002. « Il existe différents rapports sur la VAE de manière à la faire fonctionner et la développer. Une question consiste à se demander comment la VAE peut répondre au fait que 40 % de la population active n’a pas de diplôme aujourd’hui et que 150 000 jeunes quittent le système scolaire chaque année », a-t-il ajouté.


De son côté, Christine Dekerck, responsable adjointe développement des compétences et des métiers au sein du groupe Galeries Lafayette (12 000 collaborateurs et 59 magasins en France), a expliqué les enjeux d’une démarche VAE pour l’entreprise. « Depuis 2000, 150 démarches VAE ont été réalisées dans notre groupe. Par rapport à ce total, il y eu cinq abandons. Au départ, nous avions ciblé un diplôme relatif aux métiers du commerce et aujourd’hui, nous sommes ouverts, via le compte personnel de formation (CPF), aux métiers du back office (logistique, administration…). Le choix du diplôme lié au commerce (bac pro commerce) s’explique par le fait que 80 % de nos salariés sont des vendeurs et que beaucoup sont entrés chez nous sans diplôme il y a trente-cinq ans. Cela nous a permis de mettre en place un accompagnement collectif homogène. Les candidats à la démarche VAE ont déposé un dossier de candidature car la VAE demande un investissement personnel et nous ne pouvons pas obliger une personne à entrer dans le dispositif sous peine d’échec », a-t-elle détaillé. Au sujet de l’intérêt pour une entreprise de proposer à ses collaborateurs une démarche VAE via un accompagnement collectif, Christine Dekerck a indiqué : « Quand nous accompagnons des collaborateurs vers un diplôme ou une certification via la VAE, c’est une manière de les maintenir dans l’emploi et de sécuriser leur parcours professionnel en interne et en externe. » Elle a également insisté sur la nécessité « de sensibiliser les managers, les responsables RH locaux et directeurs de magasin, de manière à ce qu’ils rendent leurs collaborateurs disponibles à la VAE, notamment sur le temps de travail ».


Sana El Majdoubi, responsable projets au sein d’Agefos-PME Île-de-France (IDF), a rappelé que, « au sujet du financement de la VAE, le salarié peut solliciter l’entreprise (via le plan de formation, la période de professionnalisation, le CPF) ». « Chaque candidat n’est pas obligé d’intégrer dans son parcours l’entreprise dans la mesure où il peut s’inscrire dans une démarche volontaire en mobilisant le congé VAE, le CPF… Concernant le CPF, notre Opca a opté pour un plafond de 50 euros par heure dans la limité de vingt-quatre heures », a-t-elle souligné. Agefos-PME IDF a d’ores et déjà financé 626 CPF toutes formations confondues dont 10 % étaient dédiés à la VAE, toujours dans le cadre du CPF.

 

Imprimer