Retour sur le jeudi de l'Afref du 27 septembre 2018 par Estelle Durand, journaliste - Centre Inffo

Quels seront les contours du conseil en évolution professionnelle (CEP) demain ? Comment va évoluer cette prestation dans le cadre de la réforme de la formation professionnelle ? Qui seront les nouveaux opérateurs habilités à accompagner les salariés et les travailleurs indépendants ? Autant de questions qui restent en suspens dans l’attente de la publication du cahier des charges de la prestation et de la sélection par appel d’offres des nouveaux entrants. Pour autant, les retours d’expérience des professionnels de l’accompagnement qui intervenaient lors d’une matinée d’échanges organisée, jeudi 27 septembre, par l’Afref offrent des pistes de réflexion sur l’avenir du CEP.

Comme le constate Laurent Nahon, directeur du Fongecif Ile-de-France, « personne ne sait ce que c’est le conseil en évolution professionnelle ». « Les clients que nous recevons nous adressent une demandent et se font ensuite accompagner sans même savoir qu’il s’agit du CEP ». Selon lui, l’appellation de la prestation et son sigle constituent un écueil. Tout l’enjeu à l’avenir sera de la faire connaître ou alors comme le suggère Tatiana Jacenko de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec), « d’encapsuler le conseil dans un service plus global accessible par Internet ou via une application mobile ».

Professionnalisation

Sur le terrain, les initiatives menées pour coordonner les actions des opérateurs et favoriser la montée en compétences des conseillers ont permis de structurer la prestation. A l’initiative du Service public régional de l’orientation (SPRO) d’Ile-de-France plus de 500 conseillers ont ainsi bénéficié d’un cycle de professionnalisation mis en place depuis 2016. Ces actions comme les échanges de bonnes pratiques seront essentielles à l’avenir.

Eu égard aux ambitions de la réforme et à l’accélération de la transformation des métiers, la capacité des opérateurs à adapter leur offre aux besoins des actifs sera primordiale. Proposer un service individualisé à valeur ajoutée requiert par exemple de mettre en place des outils digitaux et des systèmes de gestion de la relation clients, comme l’a fait le Fongecif Ile-de-France.

Expertises complémentaires

Comme le constatent les acteurs sur le terrain, les demandes des bénéficiaires sont très hétérogènes, parce que leur parcours, leur situation et leurs problématiques sont très variés. Et comme le souligne, Séverine Ferrand, conseillère à l’Afdas, l’Opca de la culture, de la communication, des médias et des loisirs, certains cumulent plusieurs statuts différents, des cas de figure qui vont se développer à l’avenir. Dans ce contexte, les conseillers doivent être polyvalents et connaître toutes les possibilités de prise en charge en cas de projet se concrétisant par une formation. Mais selon Tatiana Jacenko de l’Apec, un conseiller ne sera jamais omniscient : « son rôle c’est d’être un ensemblier, d’aiguiller vers des ressources complémentaires. » Plutôt que de chercher un CEP universel et homogène, mieux vaut selon elle, miser sur des expertises complémentaires. Tout l’enjeu à l’avenir sera donc de coordonner les différentes interventions.

Pour exercer leur métier, les conseillers doivent effectuer une veille approfondie de l’évolution des métiers et des compétences, comme en témoignent Séverine Ferrand et Claudine Pierron, conseillère à l’Apec de la Défense. Une tâche qui revêt une importance toute particulière à l’heure où les transformations s’accélèrent. Pour Claudine Pierron, qui consacre une heure et demie par jour à ce travail de veille, « les personnes dont les métiers changent peuvent être des vigies de ces transformations ». La conseillère recueille ces témoignages à l’occasion de « Focus Group ». Nouvelles façons d’être en prise avec un marché de l’emploi mouvant, nouveaux outils de cartographie des compétences, usage de plus en plus fréquent des réseaux sociaux : le métier de conseiller se transforme lui aussi.

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